Durée de l’épreuve : 20 mn de préparation – 20 à 25 mn d’interrogation.

Avant la préparation, et après avoir vérifié votre identité et votre convocation, l’examinateur vous impose ou choisit avec vous un passage précis du texte présenté. Il est utile de l’avoir en double exemplaire, de manière à permettre à l’examinateur de suivre votre explication.

Attention : la préparation s’effectue à partir d’un texte vierge, non annoté, et sans le moindre document à votre disposition. Dans le cas contraire, vous seriez accusé(e) d’une tentative de tricherie, avec toutes les conséquences, particulièrement lourdes, qui pourraient s’ensuivre (interdiction par la suite de se présenter à tout examen ou concours de la fonction publique notamment).

Ce que vous avez à faire lors de l’interrogation :

1) le plus rapidement possible :

a) lire le passage à expliquer (spontanément, même si on ne le vous demande pas) ; préparer cette lecture, devant révéler l’intelligence du texte

b) le situer dans l’œuvre et par rapport à la problématique adoptée par l’auteur : où en est-on ? qu’a-t-il été déjà établi ? pas d’indications biographiques ou bibliographiques [1]

c) en dégager l’idée centrale (au moins) et, avec précision, les principales articulations du passage à expliquer ;

2) avec la plus grande précision possible (on ne vous en voudra jamais de ne pas terminer, bien au contraire [2]), procéder à une explication strictement linéaire, sans omettre de dégager les enjeux du texte si vous vous en sentez capable ;

3) conclure (plus particulièrement lorsqu’on vous le suggère : « avez-vous terminé ? » ; ou vous le demande explicitement) : où en est-on ? [et à la fin de votre explication, non du texte :] que reste-t-il encore à établir ?

L’examinateur peut fort bien décider de vous interrompre pour vous poser certaines questions sur le texte. Il le fera si vous proférez une énormité, ou bien si la durée impartie à l’interrogation n’est pas atteinte, loin de là. Vous avez à faire de votre mieux pour lui répondre, sachant que ses questions peuvent très bien dévier sur le cours de l’année.

Depuis quelques années, l’examinateur n’est plus muni de votre livret scolaire, avec les appréciations de l’année dans chaque matière, au moment où il vous interroge. Mais il a toujours la possibilité de se rendre au secrétariat du centre d’examen, situé le plus souvent dans le même bâtiment, pour le consulter. Et les livrets scolaires sont tous soigneusement examinés au moment des délibérations, lorsque les propositions de notes des examinateurs deviennent des notes définitives.

 

Attention tout particulièrement à votre attitude :

Il s’agit d’une épreuve d’examen, et non d’une conversation familière. Vous devez être assis(e) correctement sur votre chaise (et non pas de travers, affalé(e) et étendant les jambes, le coude sur la table, etc.), vous exprimer correctement, clairement et distinctement, observer les règles élémentaires de la politesse – dire : ”bonjour Monsieur/Madame”, “merci”, “veuillez m’excuser ?” (et non : “hein ???” ou “qu’est-ce que vous dites ?”), “au revoir Monsieur/Madame” -, ne jamais vous permettre d’interrompre l’examinateur, de faire des gestes intempestifs, de rire stupidement, etc.

Votre tenue elle aussi doit être correcte : pas de bermudas, sandales ou lunettes de soleil, même et surtout dans les cheveux !, pas de vêtements avec des inscriptions ou des slogans dessus, pas de débraillé, d’indécence ou, à l’opposé, d’abayas à la dernière mode de Dubaï ou de Kaboul. Vous êtes encore, pour une demi-journée, un(e) élève, et devez par conséquent vous garder dans votre intérêt de tout ce qui risquerait de choquer les examinateurs, qui restent pour la plupart de la vieille école.

Gardez-vous bien, encore dans votre intérêt, de faire dévier l’interrogation, dans le genre : « oui, on n’a rien fait, mais c’est à cause du prof ! » ; « il était mauvais ! » ; « on ne comprenait rien à ce qu’il disait ! » ; ou : « je ne sais pas qui m’a corrigé à l’écrit, mais je valais mieux ! ». Les professeurs de philosophie de l’Académie se connaissent entre eux. Ils savent les difficultés du métier, surtout à l’heure actuelle, avec tous ces profils d’élèves, certains proprement pathologiques, de plus en plus diversifiés en tout cas. Ils sont solidaires les uns des autres. Et il y a encore de fortes chances que la personne qui vous interroge à l’oral soit la même que celle qui a corrigé votre copie à l’écrit.

Deux remarques encore concernant votre liste de textes :

- celle-ci se trouve en principe annexée à votre livret scolaire ; il est par conséquent inutile et dangereux pour vous de la trafiquer ou de lui en substituer une autre – cas de certains élèves doublants plus attachés à ce qu’ils avaient étudié la première année de Terminale - ; au moindre doute, l’examinateur vérifiera la conformité de la liste, et vous n’êtes souvent pas le (la) seul(e) de votre établissement à être convoqué(e) ;

- en cas d’absence de liste, ou de liste non conforme – par exemple sur laquelle ne figurerait qu’un bref extrait de texte et non une œuvre, ou un auteur hors programme – l’examinateur a des consignes strictes : 1) faire choisir par l’élève une œuvre parmi trois qu’il lui proposera ; 2) déterminer lui-même un passage précis dans l’œuvre retenue par l’élève, dont il lui demandera de préparer l’explication ; 3) en cas de difficulté particulière ou de refus de l’élève de se soumettre à l’épreuve dans ces conditions, en référer immédiatement à l’inspection – par mobile : nous en avons tous le numéro direct – ; il faut le savoir.

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[1] Trop de candidat(e)s à l’oral du baccalauréat commencent à tort, on ne sait pourquoi, par un exposé de la vie et/ou de la pensée de l’auteur du texte. Indications totalement superflues, lorsqu’elles sont exactes, et parfois sources de surprises aux oreilles de l’examinateur, ce qui n’est pas à l’avantage du candidat ou de la candidate.

[2] L’examinateur sait bien que lors de l’oral, sauf exception, il est amené à interroger des élèves plutôt en difficulté – les autres ont obtenu leur baccalauréat à l’écrit, même avec une très mauvaise note en philosophie parfois –. Les instructions officielles lui recommandent une bienveillance de principe, et il est tout naturellement disposé à permettre à l’élève de rattraper une mauvaise note obtenue à l’écrit – d’où le nom d’oral dit « de rattrapage » –, mais l’élève qui n’a manifestement rien à dire, ou si peu, qui se contente de deux minutes d’explication, ou bien qui tenterait de détourner l’objet de l’interrogation, etc., celui-là ou celle-là ne peuvent de toute façon réussir cette épreuve.


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